Fêtes et festivals

07/06/16

La vie quotidienne vietnamienne est rythmée par de nombreuses fêtes traditionnelles et cérémonies locales, à l’occasion desquelles chaque village rend hommage à son génie tutélaire, son héros mythique ou historique. Liées pour la plupart au calendrier lunisolaire, elles reflètent le syncrétisme religieux du pays. Les différentes communautés religieuses célèbrent par ailleurs leurs propres fêtes, tandis que l’état impose des fêtes nationales à la gloire des victoires communistes.

Les festivités prennent place suivant le calendrier luni-solaire. Il est découpé en cycle de douze ans, chaque année correspondant à  l’un des bouze signes du zodiaque chinois (Rat, Buffle, Tigre, Chat, Dragon, Serpent, Cheval, Chèvre, Singe, Coq, Chien, Porc) et se divisant elle-même en douze mois de 29 ou 30 jours. Les Vietnamiens ajoutent  donc les quatre ans un mois supplémentaire pour faire coïncider leur calendrier avec le calendrier grégorien. Toutes ces fêtes sont ainsi mobiles. A côté du nouvel an, du Tet Doan Ngo, du Trung Nguyen et de la fête de la Mi-Automne qui sont célébrés par toute la population, les fêtes locales se limitent aux villages où elles ont lieu.

La fête du Tet

De toutes les fêtes qui jalonnent le calendrier, le nouvel an est de loin a plus importante. Appelée aussi Tet Nguyen Dan « fête de la première année ou du premier mois lunaire fin janvier et début février ». Elle annonce l’arrivée du printemps et le renouveau de la nature, marqué par la floraison des pêchers et des mandariniers nains. Ces arbres fruitiers sont vendus la dernière semaine de l’année dans les marchés aux fleurs, qui prennent la forme de magnifiques floralies à Hanoi et à Ho Chi Minh-Ville, et servent à la décoration des maisons. Bien que la fête dure une semaine, seuls les trois premier jours sont officiellement chômés. On la célèbre en famille, voire dans son village d’origine, et de grandes migrations ont lieu entre villes et campagnes. Un véritable rituel prend place pour commencer l’année sous les meilleurs auspices : on doit régler toutes ses dettes, faire des travaux dans sa maison, nettoyer les tombes des ancêtres, préparer des plats spéciaux et s’acheter des vêtements neufs.

Les préparatifs

Une semaine avant le Tet, chaque maison renvoie les génies du Foyer, symbolisés souvent par un seul personnage, dans le monde céleste afin qu’ils présentent les vœux du peuple à l’Empereur de Jade, Ngoc Hoang, et lui dressent un bilan sur la manière dont s’est comportée la maisonnée au cours de l’année. Afin d’amadouer le dieu, on dresse à son attention, sur l’autel réservé aux génies domestiques, de la nourriture, de l’eau fraîche et de la noix d’arec, avant de lâcher des carpes vivantes dans les rivières et lacs pour son transport. Dans certaines campagnes, les habitants se protègent alors contre les démons qui, profitant de l’absence des génies protecteurs, envahissent le monde des vivants. Pour les empêcher de pénétrer dans la maison, ils plantent dans la cour un mât en bambou, au sommet duquel sont accrochés une amulette en papier rouge et divers instruments en bois ou en métal, dont les bruits effrayants sont censés éloigner les esprits malfaisants. La maison est nettoyée de fond en comble et soigneusement décorée : outre les branches de pêcher (dans le Nord) et les branches de forsythia ou de kumquat (dans de Sud) qui ornent la salle de séjour, on accroche au mur des sentences parallèles calligraphiées en caractères chinois sur du papier vermillon, symbole de joie, où sont présentés souhaits et dictons de sagesse. L’autel des ancêtres est surchargé de fruits adorants et de fleurs parfumées.

Des mets spéciaux

Leur préparation requiert tous les soins. A côté des fruits confits (courges, graines de lotus, noix de coco), deux gâteaux, que les citadins préfèrent acheter tant la cuisson est longue, figurent impérativement au menu : composé de riz gluant et de pois verts cuits à la vapeur, le banh day est rond comme le Ciel ; fourré de tranches de lard, qui symbolisent les 10000 êtres de la création, et de pâte de haricot, le banh chung est carré comme la Terre, selon la vision vietnamienne.

Les trois jours de fête

La veille du jour de l’an, on guette avec impatience minuit. Si jadis tambours et pétards annonçaient le retour des génies du Foyer, tout en chassant les mauvais esprits qui auraient rôdé, aujourd’hui on se contente d’un enregistrement sonore. Devant l’autel familial, chargé de nourriture et de boissons, le maître de maison allume des bâtonnets d’encens, se prosterne et récite des prières pour la nouvelle année.

A l’aube du premier jour, on se lève tôt pour préparer les offrandes aux ancêtres, avant d’aller à la pagode. Vêtus de neuf, les enfants présentent des vœux de bonheur, de longévité et de prospérité à leurs parents. En échange, ils reçoivent des billets neufs, qui leur sont remis dans une enveloppe rouge en signe de chance. Le premier visiteur est attendu avec impatience, car de lui dépend le bonheur ou le malheur de la maison pour l’année à venir, et l’on préférera une personne réputée pour sa moralité et sa position sociale. Ce jour-là, on consulte aussi un livre d’astrologie pour établir les dates propices aux diverses activités. Le deuxième jour est consacré à la visite des proches et des amis, et le troisième aux tombes des ancêtres.

La danse de la licorne

Joyeuse, bruyante et colorée, la danse de la licorne fait partie des festivités dans le Sud, surtout dans les habitants fêtent le même jour le nouvel an. Animal imaginaire et mythique, symbole de prospérité, la licorne est matérialisée par une tête géante en papier mâché évoquant un chien pékinois, et par une traîne de tissu qui simule le corps d’un serpent recouvert d’écailles de poisson. Manipulée par des pratiquants d’arts martiaux au rythme effréné des tambours, des cymbales et des gongs, la licorne parcourt les rue et s’arrête devant chaque maison ou boutique pour obtenir une obole. La somme d’argent est souvent accrochée, avec une laitue, au sommet d’une perche de bambou ou au balcon du premier étage : soulevé par une pyramide humaine, le meneur pourra alors déguster le légume, en signe de bonne intention, avant de saisir les billets. La licorne est accompagnée par le génie de la Terre, représenté par un homme bedonnant portant un masque souriant.

Les fêtes bouddhistes

Le 15e jour du 2e mois lunaire, la fête de la Pagode des Parfums, dans la province de Ha Son Binh, attire les pèlerins du delta du fleuve Rouge et des montagnes avoisinantes. S’ils viennent pour prier Bouddha, ils le font aussi pour les magnifiques grottes-pagodes et temples qui jalonnent la rivière Yen, qu’ils parcourent en barque.

Le 15e jour du 5e mois lunaire, la pleine lune est la plus importante des fêtes bouddhistes. Elle commémore la naissance, l’illumination et la mort de Bouddha survenues ce jour. Les fidèles se rendent en famille dans les pagodes pour assister aux prières, écouter les sermons des moines et faire des offrandes.

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