Les peuples du Vietnam

07/06/16

54 ethnies! 5 familles de langues! Telles sont la diversité ethnique et la polyphonie linguistique de ce petit pays d’Asie. À titre d’échelle, 56 minorités se partagent le territoire du géant chinois et l’on parle, des rives occidentales du golfe du Bengale aux côtes orientales de l’Atlantique, les langues d’une seule et même famille, l’indo-européen. On retrouve la même disparité dans les peuplements. Quand le groupe majoritaire(87%), les Viets ou Kinh, comprend 72 millions de personnes, le plus minoritaire, les O Dus, en compte moins de 400. Les quelque 15% de non-Viets occupant deux tiers de la superficie du pays, surtout les régions <difficiles> par la rigueur de leur climat ou les contraintes de leur relief.

Ce que conte la legend

À l’aube de l’humanité le dragon Lac Long Quan épousa l’immortelle Au Co. De leur union naquirent cent oeufs , tous identiques. Mais les origins différentes d’Au Co et de Lac Long Quan les poussèrent à séparer. L’immortelle, d’ascendance céleste, s’en fut gagner les hauteurs des montagnes avec cinquante de leurs enfants. Le dragon, fils de l’eau, descendit vers les basses terres, les rivières et les mers, avec le reste de leur progéniture. Sa descendance forma la lignée des rois Hung, les premiers souverains du pays. Ce mythe d’origine forme un grossier tableau du peuplement du Vietnam qui s’est toujours partagé entre les hautes terres et les deltas.

Ce que montre la carte

Le foyer des Viets s’est étendu au cours de l’histoire du Tonkin à la Moyenne Région, aux plaines littorals de l’Annam et au delta du Mékong. Ils partagent cette region méridionale avec d’autres riziculteurs, héritiers de royaumes engloutis par l’histoire: les Chams et les Khmers. Dans les villes côtières s’y mêlent les communautés des Hoas qui ne sont autres que les Chinois, descendants d’une longue diaspora commerçante. C’est avec les plateau, les collines et les montagnes – les terres d’Au Co encore – que paraît la grande diversité ethnique du Vietnam, petits groupements humains parfois essaimés par-delà les frontiers des État voisins – Cambodge, Laos et Chine.

Ce que dit l’histoire

Cette repartition dans l’espace est finalement le reflet d’un <ordre d’arrivée> dans le movement de Marche vers le sud, qui n’anima pas seulement le Vietnam, mais l’ensemble de l’Asie du Sud-Est. Les Viets et les Muongs comptent sans doute parmi ceux que les annals chinoises nomment les Cent Yues (Viet est la pronunciation vietnamienne de Yue), qui peuplaient la Chine au sud du fleuve Yangzi bien avant notre ère. D’autres très anciens acteurs du Vietnam sont les Austronésiens on désigne ainsi une famille de langues parlées des Philippines aux Mascareignes, en passant par l’Indonésie. Parmi eux, les Chams mirent en valeur les plaines côtières du littoral annamite et y fondèrent leur première organization politique, le Champa, à la fin du 2es. apr. J.-C. À peu près à la même époque, les ancêtres des Khmers asséchaient les terres marécageuses du delta du Mékong. Les uns, puis les autres furent absorbés dans l’expansion des Viets vers le sud. Dans les regions montagneuses du Haut Tonkin, on retrouve des phénomènes similaires. Autour de l’an 1000, des peuples de langue thaï établirent des zones de riziculture irriguées aux confins de la Chine et de l’Asie du Sud-Est continentale, le long d’un arc qui s’étend de Cao Bang à la Birmanie, en passant par le nord de l’actuelle Thaïlande. Ils fondèrent les royaumes de Siam et du Laos, laissant au Tonkin des grappes de seigneuries vassales, tantôt du Vietnam, tantôt de l’empire du Milieu. Des essaims de langue yao sont probablement installés là aussi depuis les 13e – 14es., au terminus de leur progression dans la Chine voisine.

Au 18es., les ondes de choc des rebellions ethniques qui agitèrent l’Empire chinois jusqu’à la fin du 19es. se répercutèrent dans les montagnes du Nord-Vietnam. Des familles hmongs, fuyant la mainmise de l’administration chinoise sur leurs terres, se réfugièrent dans le nord-ouest du pays. Quelques groups tibétobirmans leur emboîtèrent le pas. Parmi eux, les Ha Nhis descendirent du Yunnan, empruntant la vallée du fleuve Rouge. Tous ces peoples étaient donc en scène quand surgirent les germes du conflit entre les Vietnamiens et les Français d’Indochine. La majorité épousa la cause de la nation d’asile, mais certains chefs locaux tentèrent de jouer la carte française.

L’histoire contemporaine continue de dessiner la carte du peuplement, ne serait-ce qu’avec la politique de colonisation des hautes terres amorcée à la fin des années 1970. Les deltas du Nord et du Sud ainsi que le littoral du Centre sont toujours le domaine des Viets, mais ceux-ci sont aussi établis en nombre dans certaines zones de la Haute Région du Nord, où n’habitaient autrefois que des Tais, Hmongs-Yaos et Tibéto-Birmans, ainsi que sur les Hauts Plateaux du Centre, jadis Presque uniquement peoples d’Austronésiens et de Mons-Khmers.

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